(Actualisé tout du long)
par Nandita Bose et Patricia Zengerle
Le Royaume-Uni et les Etats-Unis seront toujours des alliés fidèles, unis dans la défense de la démocratie, en dépit d'une période d'incertitude et des conflits en Europe et au Moyen-Orient, a déclaré mardi le roi Charles d'Angleterre devant le Congrès américain à l'occasion d'une visite d'Etat à Washington.
"Quelles que soient nos différences, quels que soient les désaccords que nous pourrions avoir, nous nous tenons unis dans notre engagement à protéger la démocratie, à protéger nos populations du mal et à saluer le courage de ceux qui risquent leur vie au quotidien au service de nos pays", a-t-il dit devant les élus américains, qui l'ont acclamé à son entrée avec la reine Camilla.
Au cours de ce rare discours devant les deux chambres du Congrès américain, Charles III a également fait référence aux critiques formulées par le président américain Donald Trump à l'encontre de l'Otan, soulignant l'importance de l'aide continue des Etats-Unis à l'Ukraine. Il a mentionné les dangers de l'isolationnisme, mais aussi la nécessité de protéger la nature - une question qui tient de longue date à coeur au monarque.
Semblant faire référence à la politique de l'"Amérique d'abord" ("America First") du locataire républicain de la maison blanche, Charles III a dit "prier de tout (son) coeur" pour que le Royaume-Uni et les Etats-Unis continuent de "défendre nos valeurs communes avec nos partenaires en Europe et du Commonwealth, et à travers le monde", appelant à "ignorer" les appels à être de plus en plus "tournés vers soi".
La Maison blanche a diffusé sur les réseaux sociaux une photo de Charles III et de Donald Trump avec la légende "DEUX ROIS". Le président américain et ses alliés ont dénoncé par le passé les manifestations antigouvernementales aux Etats-Unis baptisées "Pas de rois", rejetant l'idée que Trump soit un roi.
Ce discours de Charles III devant le Congrès a été prononcé au deuxième des quatre jours d'une visite d'Etat qui intervient sur fond de tensions entre Londres et Washington, alliés traditionnels, alors que Donald Trump a régulièrement critiqué le Premier ministre britannique Keir Starmer.
Le Palais de Buckingham avait fait savoir que Charles III ne s'exprimera pas au Capitole sur les différends politiques entre Donald Trump et Keir Starmer.
HOMMAGE AUX VICTIMES DES ATTENTATS DU 11 SEPTEMBRE 2001
Plus tôt mardi, au cours d'une réception à la Maison blanche, Donald Trump a souligné l'amitié qui s'est nouée au fil du temps entre les Américains et les Britanniques, jadis adversaires lors de la guerre d'Indépendance.
Planifiée de longue date, cette première visite d'un souverain britannique aux Etats-Unis depuis deux décennies, qui marque le 250e anniversaire de l'indépendance américaine, tombe en plein conflit moyen-oriental, lequel exacerbe les tensions entre Washington et Londres.Donald Trump a vilipendé Keir Starmer pour son refus de soutenir l'offensive lancée le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre Téhéran.
Même si le président a récemment atténué ses critiques envers le Royaume-Uni, un courriel interne du Pentagone a exposé comment les Etats-Unis pourraient revoir leur position sur les îles Malouines, revendiquées par l'Argentine, en guise de sanction contre Londres pour son manque de soutien.
Le discours de Charles III était le deuxième prononcé par un souverain britannique devant le Congrès américain. Sa mère, Elisabeth II, s'était adressée aux deux chambres en 1991.
Le contenu du texte a été rédigé sur les conseils du gouvernement britannique mais Charles en a défini en grande partie le style et le ton, avait-on dit au palais.
Un dîner d'Etat était prévu après le discours.
Mercredi, Charles et Camilla se rendront à New York pour un hommage aux victimes des attentats du 11 septembre 2001. Le roi y a fait référence dans son discours mardi, déclarant que Britanniques et Américains avaient "répondu ensemble à l'appel, comme nos peuples l'ont fait depuis plus d'un siècle, lors des deux Guerres mondiales, de la Guerre froide, en Afghanistan et dans des moments qui ont défini notre sécurité commune".
Le couple royal achèvera sa visite par une rencontre jeudi en Virginie avec des personnes engagées dans la protection de l'environnement, un sujet qui tient particulièrement à coeur au souverain britannique. Charles et Camilla se rendront ensuite aux Bermudes.
(Nandita Bose et Patricia Zengerle, avec la contribution de Steve Holland à Washington, Michael Holden et William James à Londres; version française Jean-Stéphane Brosse et Jean Terzian)

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